Très chers lecteurs,
Cette semaine, je me suis posée une question : Que puis-je vous apporter de plus ? Comme d’habitude, j’ai trouvé une réponse grâce à quelqu’un qui m’a montré la voie. J’ai entendu les sanglots d’une jeune femme, et, comme toute personne sensible, je me suis approchée pour voir comment l’aider. La raison de ses larmes m’a laissée sans voix. C’était à la fois déconcertant et alarmant de la voir pleurer pour cela, et cela m’a rappelé mon adolescence, lorsque je ne me sentais pas à ma place.
Elle m’a confié qu’au sein de sa famille, peu importe ses efforts, elle était toujours perçue comme une paria. Elle se sentait inutile et pas à la hauteur. J’ai voulu lui venir en aide, mais je me suis sentie impuissante, et c’est cette impuissance qui m’a poussée à écrire cet article.
Il y a dix ans, j’étais dans la même situation, donc je comprends parfaitement ce qu’elle traverse. À cette jeune femme, et à toutes celles et ceux qui se reconnaîtront dans ces paroles, je tiens à dire que ce n’est pas de votre faute, et cela ne le sera jamais. Ne pas se sentir à sa place, ne pas recevoir l’attention ou le regard que l’on espérait de ses proches n’est jamais de notre fait.
Dans chaque famille, il y a toujours cet enfant qui se sent délaissé, moins aimé. Trop souvent, cela résulte des attentes, des préférences et des comportements des parents, qui, pour une raison ou une autre, ont cette fâcheuse tendance à aimer plus un enfant que les autres. Cela peut faire naître dans l’autre enfant un sentiment d’exclusion, de rejet, et parfois même de haine envers ses frères et sœurs.
Se sentir à l’écart dans une famille ne signifie pas qu’on est mauvais. Je l’ai moi-même ressenti. En tant que benjamine, je pensais que cela me protégeait, mais ce n’était pas le cas. J’ai grandi dans une famille où ma mère ne se souciait guère de mes sentiments. J’étais souvent perçue comme la « mouton noir », et rien de ce que je faisais ne semblait suffire. J’ai subi des moqueries, des insultes, et je me suis sentie constamment inutile.
Ma mère, bien qu’étant une personne formidable qui a consacré sa vie à ses enfants, ne me montrait pas l’affection dont j’avais besoin. Elle pensait que nourrir, habiller et envoyer ses enfants à l’école étaient suffisants. Mais parfois, ce dont un enfant a besoin, c’est de la présence, du soutien, et de savoir qu’il est aimé.
Malgré tout ce qu’elle m’a donné, je me suis toujours sentie insuffisante. J’aurais aimé qu’elle me regarde avec la même fierté qu’elle avait pour mes frères et sœurs. À chaque fois que mon prénom était mentionné, c’était accompagné de reproches ou d’injures.
À 15 ans, je croyais être adoptée, car je n’avais jamais vu de photo de moi bébé. J’étais persuadée qu’il n’y avait aucune explication à son indifférence. Puis, un jour, j’ai cessé d’attendre qu’elle me remarque. Elle plaçait tous ses espoirs sur mes frères et sœurs, et moi, je n’étais que l’autre enfant. J’ai alors arrêté de chercher à lui plaire.
Je travaillais bien à l’école, je n’avais pas de petit ami, et je suis restée vierge longtemps, espérant qu’elle serait fière de moi. Pourtant, je n’ai reçu que des moqueries. Je ne comprenais pas son attitude, mais je savais qu’elle tenait à moi. Je l’écoutais prier pour moi, toujours en espérant des choses positives. C’est à ce moment-là que j’ai compris : je n’avais rien fait de mal, et ce n’était pas de ma faute.
Tout cela pour vous dire que l’indifférence de vos parents ne signifie pas qu’ils ne vous aiment pas. Vous n’êtes pas responsables de cette situation. Ne vous laissez pas priver de vivre à cause de cela, ne cherchez pas à prouver quoi que ce soit. Vivez votre propre vie, car elle vous appartient.
À vous, mes perles rares, sans le savoir, vous causez parfois des blessures profondes à vos enfants. Ces blessures les rongent lentement, les empêchant de s’épanouir pleinement. Une mère est censée aimer et soutenir ses enfants à tous les niveaux, les aider à grandir, et non créer un vide intérieur. Apprenez à aimer vos enfants pour ce qu’ils sont, à les encourager, et non à leur faire perdre toute confiance en eux-mêmes.
Votre chroniqueuse,
Lady Lyne.













