• About
  • Advertise
  • Privacy & Policy
  • Contact
Friday, 16 January 2026
La ruche le journal
  • À LA UNE
  • Culture
    • Mosaïque créative
    • la vie des mots
  • Société
    • Espaces communautaires
    • Echos : Voix et expérience
    • Rencontres Citoyennes
    • Voix et justice
    • Podcast
    • Idées et opinions
  • Horizons caribéens
  • International
  • Nationales
    • Economie
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
  • L´Édito
No Result
View All Result
La ruche
No Result
View All Result
la ruche
No Result
View All Result

L’impact de l’insécurité sur la mémoire culturelle : une transmission brisée

L’impact de l’insécurité sur la mémoire culturelle : une transmission brisée

© UNOCHA/Giles Clarke Des personnes qui ont fui leur domicile en raison de l'insécurité ont trouvé refuge dans un théâtre du centre-ville de Port-au-Prince.

Depuis quelques années, Haïti est plongé dans une spirale d’insécurité irréversible qui va bien au-delà des chiffres des morts et des blessés. Selon le rapport du premier trimestre de 2025 du Bureau Intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) publié le 30 Avril dernier, la situation est alarmante avec un bilan de 1617 personnes tuées et 580 blessées suite à l’insécurité récurrente et la violence des bandes armées. Par ailleurs, cette violence quotidienne n’affecte pas seulement la population haïtienne, mais également les piliers invisibles et essentiels de la société : sa culture, ses traditions et sa mémoire collective.

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), la mémoire culturelle se définit comme partie intégrante du patrimoine culturel immatériel, qui comprend les traditions, les expressions orales, les arts du spectacle, les rituels, les événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers, ainsi que les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.   En outre, c’est un lien vivant entre les générations qui se transmet à travers les histoires, les chansons, les gestes, les lieux et les objets. Elle façonne l’identité d’un peuple, nourrit son âme, et lui permet de résister même aux pires tempêtes. Mais aujourd’hui, cette mémoire est en danger. L’insécurité généralisée fragilise les espaces de transmission, pousse certains artistes à fuir, et menace la sauvegarde du patrimoine national.

Cette réalité soulève une interrogation essentielle : comment l’insécurité efface-t-elle la mémoire d’un peuple ?

L’Etat abandonne les espaces de transmission culturelle

Comment peut-on parler de préserver la culture quand les établissements scolaires, les centres d’études supérieures et même les Universités sont contraintes à cesser toutes activités académiques sous la menace des gangs ? Quand les bastions de la culture (musée, bibliothèque, centre culturel, sites touristiques et historiques etc.) tombent en ruine, et quand aucune autorité n’assure la sécurité des lieux de savoir et de création ? L’insécurité ne se contente pas de faire taire les voix : elle étouffe la mémoire, efface les gestes, coupe le lien intergénérationnel.

Plusieurs espaces culturels majeurs du pays ont dû fermer leurs portes et d’autre sont relogés. Des institutions comme la FOKAL, le CENTRE CULTUREL CARAÏBE (CCC), MUPANAH, ou encore l’ENARTS la plus grande école d’art du pays, sont inaccessibles ou partiellement fermées. La Bibliothèque Nationale d’Haïti (BNH) au centre-ville de Port-au-Prince est aujourd’hui fermée.  A la Croix-des-Bouquets, même l’atelier du ‘’fer découpé’’ de Noailles, symbole de l’artisanat national, a dû cesser ses activités à cause des menaces constantes. D’autres lieux, comme le CENTRE D’ART, PYE POUDRE, SANT KILTIREL DEDE DORCELY continuent de fonctionner, mais au ralenti, dans un climat d’instabilité et de peur.

Et pourtant, que fait l’Etat ? Où sont les politiques publiques pour protéger les artistes, les enseignants, les porteurs de tradition? pendant que les armes résonnent dans les rues, les voix se taisent. Le silence n’est pas un hasard : c’est le résultat d’un abandon volontaire ou complice.

Les artistes réduits au silence ou poussés à l’exil

La culture ne survit pas sans ses créateurs. Mais aujourd’hui, les artistes haïtiens, musiciens, conteur, écrivains, peintres se trouvent piégés dans un pays où créer devient un acte risqué, voire inutile. L’insécurité leur vole non seulement leur sécurité physique, mais aussi leur motivation, leur visibilité et leur public.

Beaucoup sont forcés de fuir, de se taire ou de transformer leur art en simple moyen de survie. Pendant ce temps, l’Etat s’extasie devant une réalité aussi cruciale et cruelle, et les politiques culturelles deviennent de plus en plus inexistantes. Résultat : le théâtre se vide, les voix s’éteignent, les fresques restent inachevées. C’est un silence organisé, une mort lente de la mémoire vivante d’un peuple.

La mémoire culturelle d’un peuple, ce n’est pas un luxe à préserver quand tout va bien. C’est une boussole, un refuge, une source de résistance. En Haïti, face à l’insécurité qui dévaste les corps, les rues et les cœurs, la culture devrait être plus que jamais protégée, valorisée, renforcée.

Pourtant nous assistons à un effacement silencieux, presqu’accepté.

Quand les artistes fuient, quand les traditions s’éteignent, quand l’Etat détourne le regard, c’est toute une identité qui se dissout.

Laisser la culture mourir, c’est permettre à la violence de tout engloutir, y compris notre mémoire, notre voix, et notre avenir.

Il est temps de comprendre que protéger la culture c’est aussi protéger la vie.

Tags: ArtistesArtsCréateurscultureexilHaïtiInsécuritélivresmusiqueSociété
Previous Post

Jeunesse rurale et migration : comment redonner l’envie de rester à la campagne ?

Next Post

L’Accès au soin de santé en Haïti, entre défaillance du pouvoir et force de la résilience

Loulou Louis Jeune

Loulou Louis Jeune

Il y a plus d'écho dans ma plume que dans ma voix!

Next Post
L’Accès au soin de santé en Haïti, entre défaillance du pouvoir et force de la résilience

L’Accès au soin de santé en Haïti, entre défaillance du pouvoir et force de la résilience

Comments 1

  1. Frantzcia Denis says:
    8 months ago

    Très bonne réflexion ✨
    J’adore

    Reply

Leave a Reply Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

  • Trending
  • Comments
  • Latest
“À nos chers lecteurs…”

“À nos chers lecteurs…”

05/05/2024
La mode en Haïti : Créateurs de mode, tendances et identité vestimentaires

La mode en Haïti : Créateurs de mode, tendances et identité vestimentaires

08/07/2024
Maurice Sixto

Bòs Chaleran, yon lodyans ki dekri san filtè reyalite klas peyizan ayisyen an!

05/05/2024
L’expression à deux voix: Le regard unique de Vicky Onélien

L’expression à deux voix: Le regard unique de Vicky Onélien

07/05/2024

“La chorégraphie d’absence” de Jean Émile Alfred

4
Le Droit du travail en Haïti : Entre héritages historiques et défis contemporains

Le Droit du travail en Haïti : Entre héritages historiques et défis contemporains

4
Les mots tranchent plus que les actes

Les mots tranchent plus que les actes

4
Ronde ou fine, une femme reste une femme

Ronde ou fine, une femme reste une femme

3
Haïti : plus de 5,7 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon la CNSA

Haïti : plus de 5,7 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon la CNSA

16/01/2026
Quelles leçons avons-nous tirées du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ?

Quelles leçons avons-nous tirées du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ?

13/01/2026
Haïti, l’empire des ONG : le ras-le-bol d’un jeune patriote meurtri

Haïti, l’empire des ONG : le ras-le-bol d’un jeune patriote meurtri

08/01/2026
À un mois du 7 février 2026, les options se referment

À un mois du 7 février 2026, les options se referment

07/01/2026

Recent News

Haïti : plus de 5,7 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon la CNSA

Haïti : plus de 5,7 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon la CNSA

16/01/2026
Quelles leçons avons-nous tirées du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ?

Quelles leçons avons-nous tirées du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ?

13/01/2026
Haïti, l’empire des ONG : le ras-le-bol d’un jeune patriote meurtri

Haïti, l’empire des ONG : le ras-le-bol d’un jeune patriote meurtri

08/01/2026
À un mois du 7 février 2026, les options se referment

À un mois du 7 février 2026, les options se referment

07/01/2026
La ruche le journal

© 2024 COPYRIGHT BY la ruche Le Journal | ALL RIGHTS RESERVED

Navigation

  • About
  • Advertise
  • Privacy & Policy
  • Contact

Nous Suivre

No Result
View All Result
  • À LA UNE
  • Culture
    • Mosaïque créative
    • la vie des mots
  • Société
    • Espaces communautaires
    • Echos : Voix et expérience
    • Rencontres Citoyennes
    • Voix et justice
    • Podcast
    • Idées et opinions
  • Horizons caribéens
  • International
  • Nationales
    • Economie
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
  • L´Édito

© 2024 COPYRIGHT BY la ruche Le Journal | ALL RIGHTS RESERVED