Quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes, le cancer du col de l’utérus continue de faire des centaines de milliers de victimes chaque année, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L’OMS insiste sur la vaccination, le dépistage précoce et l’accès équitable aux soins.
Le cancer du col de l’utérus demeure un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit du quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes, avec environ 660 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2022. La même année, près de 350 000 décès liés à cette maladie ont été enregistrés, dont 94 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Face à cette situation préoccupante, l’OMS appelle à une intensification des efforts de prévention et de prise en charge, soulignant que des actions efficaces existent pour réduire considérablement l’incidence et la mortalité liées à cette pathologie.
Vaccination et dépistage : des outils clés de prévention
Dans un document publié le 2 décembre 2025, l’OMS rappelle que la sensibilisation du public, le renforcement des connaissances en matière de santé et l’amélioration de l’accès aux services de prévention sont essentiels pour lutter contre le cancer du col de l’utérus tout au long de la vie.
L’organisation insiste notamment sur la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) chez les filles âgées de 9 à 14 ans, considérée comme une mesure particulièrement efficace pour prévenir l’infection, le cancer du col de l’utérus et d’autres cancers liés au HPV.
Par ailleurs, le dépistage régulier à partir de 30 ans — ou dès 25 ans chez les femmes vivant avec le VIH — permet de détecter les lésions précancéreuses. Leur prise en charge rapide peut empêcher l’évolution vers un cancer invasif. Selon l’OMS, une détection précoce suivie d’un traitement de qualité peut permettre de guérir la maladie, quel que soit l’âge de la patiente.
Le rôle central du papillomavirus humain
L’OMS indique que presque tous les cas de cancer du col de l’utérus sont causés par une infection persistante par des types oncogènes du HPV. Le papillomavirus humain est une infection sexuellement transmissible très courante, susceptible d’affecter la peau, les régions génitale et anale, ainsi que la gorge.
La quasi-totalité des personnes sexuellement actives contracteront le HPV au cours de leur vie, généralement sans symptômes. Dans la majorité des cas, le système immunitaire élimine naturellement le virus. Toutefois, une infection persistante par certains types cancérogènes peut provoquer des anomalies cellulaires susceptibles d’évoluer en cancer.
Sans traitement, ces lésions précancéreuses du col de l’utérus — partie inférieure de l’utérus s’ouvrant dans le vagin — sont à l’origine d’environ 95 % des cancers du col de l’utérus, précise l’OMS.
Facteurs de risque et inégalités régionales
En règle générale, il faut 15 à 20 ans pour que les anomalies cellulaires deviennent cancéreuses. Chez les femmes dont le système immunitaire est affaibli, notamment en cas de VIH non traité, ce processus peut être accéléré et ne durer que 5 à 10 ans.
Parmi les facteurs augmentant le risque de progression figurent :
- le type oncogène du HPV,
- une immunité affaiblie,
- la présence d’autres infections sexuellement transmissibles,
- un nombre élevé de grossesses,
- une première grossesse précoce,
- l’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux,
- le tabagisme.
Les taux les plus élevés d’incidence et de mortalité sont observés en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est, principalement en raison des inégalités d’accès à la vaccination, au dépistage et aux traitements. L’OMS souligne également le rôle des inégalités de genre, de la pauvreté et de la prévalence du VIH.
Selon l’organisation, les femmes vivant avec le VIH sont six fois plus susceptibles de développer un cancer du col de l’utérus que la population générale. On estime par ailleurs que 5 % des cas mondiaux de cette maladie sont attribuables au VIH. Le cancer du col de l’utérus touche également de manière disproportionnée les femmes jeunes, et serait responsable de 20 % des cas d’orphelinat maternel liés au cancer.













