Les transferts de la diaspora constituent l’un des principaux piliers de l’économie haïtienne. Ils sont aujourd’hui au cœur d’une bataille politique à Washington.
Selon le Département de la Sécurité Intérieur des États-Unis, les transferts de la diaspora haïtienne s’élèvent à près de 6,1 milliards de dollars américains, représentant environ 20 % du PIB national. C’est davantage que ce que l’État collecte en recettes fiscales, et davantage que l’aide internationale versée au pays. Ces fonds financent l’alimentation, la scolarisation, les soins de santé et les petites activités économiques de millions de ménages haïtiens.
Selon la Fondation Zile, plus de 70 % de ces transferts proviennent des États-Unis, ce qui situe leur vulnérabilité principale. L’administration Trump a donc placé ces flux dans son viseur. Le Département de la Sécurité intérieure américain a déclaré publiquement que les dollars américains ne devraient pas servir à financer des économies étrangères, en ciblant explicitement les envois de fonds vers Haïti.
Ce positionnement intervient dans un contexte où l’administration envisage la déportation de plus de 350 000 Haïtiens bénéficiaires du Statut de Protection Temporaire. Une double pression, à la fois sur les personnes et sur les flux financiers, qui inquiète les observateurs économiques et les familles concernées.
Le paradoxe est notable. Une part significative de ces fonds sert à acheter des produits importés, dont une grande proportion provient du marché américain. Ces transferts alimentent donc, en partie, les exportateurs américains eux-mêmes.
Le gouverneur de la BRH, Ronald Gabriel, a par ailleurs rappelé que 2025 a marqué la septième année consécutive de contraction du PIB, avec une baisse cumulée de 16 % sur sept ans. Dans ce contexte, toute perturbation des transferts de la diaspora aurait des conséquences immédiates et profondes sur les conditions de vie d’une large partie de la population.













