La démocratie, c’est « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », disait l’ancien président des États-Unis, Abraham Lincoln. Cet idéal qui a vu le jour en Grèce, particulièrement à Athènes, est devenu aujourd’hui une exigence et même une obsession pour la communauté internationale dans de petits pays comme Haïti.
La démocratie haïtienne est très récente. Ce n’est qu’après le départ des Duvalier, puis d’une succession de présidents issus des forces armées et une présidente issue du pouvoir judiciaire, que le pays a eu, en 1990, son premier président démocratiquement élu, SEM Jean-Bertrand Aristide. Durant cette période, sur toutes les lèvres, on parlait de démocratie, de transition démocratique sans réellement savoir ce que cela signifiait et impliquait. Par démocratie, on sous-entend stabilité politique, alternance du pouvoir politique à travers des élections régulières, changements économiques et sociaux. Malheureusement, l’épisode dite démocratique a ses limites et peine à s’ancrer. Le processus démocratique initié en Haïti depuis plus de trente ans, particulièrement dans un contexte de l’après-guerre froide et de nouvel ordre mondial, semble jusqu’à présent rencontrer des difficultés de pratiques dans le pays. Depuis 1990 jusqu’à nos jours, de prédécesseurs en successeurs, les dirigeants haïtiens et pays amis dans la communauté internationale ne sont pas capable de mettre fin à l’interminable transition démocratique.
Lorsque Jean-Claude Duvalier quittait le Palais national en direction de l’aéroport à Maïs Gâté pour son exil en France le 7 février 1986, il y avait de l’électricité sur tout son passage. Les rues principales de la capitale étaient propres. Port-au-Prince n’était pas bidonvillisé comme elle l’est maintenant. Même si c’étaient sous le couvert des macoutes et des militaires, les rues étaient sécurisées. Trente-neuf ans plus tard, la transition vers la démocratie en Haïti, est un enchaînement de drames sanglants. En dépit d’une force de police, des élections répétées, des missions onusiennes, la réhabilitation de l’armée, d’importantes aides internationales, et aujourd’hui la mission multinationale de soutien à la sécurité, la première République noire est encore aujourd’hui le pays le plus pauvre et instable des Amériques. Mais qu’est-ce qui explique cela ?
Quelle est cette démocratie ?
Dans les pays occidentaux, particulièrement aux États-Unis d’Amérique, à l’exception du président Donald Trump, le chemin vers la Maison-Blanche implique un long apprentissage dans la fonction publique. Dès leur vingtaine ou trentaine les prétendants commencent leur carrière, généralement à des niveaux inférieurs du système politique. Le processus pour un poste électif est donc long. Qui plus est, ce n’est qu’après de long mois de campagne entre les candidats d’un même parti que quelqu’un qui aspire à diriger les États-Unis peut devenir, à travers les élections primaires, le nominé de ce parti, pour finalement affronter l’adversaire de l’autre parti aux élections générales de Novembre.
Avant leur arrivée à la Maison Blanche, deux-tiers des présidents américains avaient tout d’abord été gouverneur ou vice-président, siégé soit à la Chambre des représentants, du Sénat et dans bien des cas, dans les deux Chambres à la fois. En Haïti, des citoyens sans capacité académique et expérience dans les affaires publiques se portent candidats à la présidence, à la Députation, au Sénat et aux collectivités territoriales à quelques semaines des élections. Lors des élections de 2015, des candidats très contestés, avec des casiers judiciaires révélant leurs implications dans des actes de corruption avaient été agréés à participer aux élections. En 2017, le président élu Jovenel Moise était cité dans un scandale de corruption, PetroCaribe. En 2024, trois conseillers présidents sont sous le coup d’une enquête autour d’un dossier de corruption avec la BNC. Il s’agit là non seulement d’une question de moralité, mais aussi, d’une question de sécurité publique. Et donc, dans l’Haïti « démocratique », la compétence, l’expérience et la moralité ne sont nécessaire pour aucun poste.
Dans les élections démocratiques haïtiennes, il y a ainsi plus de candidats incompétents, inexpérimentés et sans moralités pour des postes de députés, sénateurs et président de la République. Quant à ceux qui sont compétents, ils préfèrent majoritairement leur confort et leur privilege d’homme connaisseur. Et pour le malheur du pays, après l’élection de ces candidats nuls, et certaines fois mal élus, avec leurs mandats de parlementaires ou de premier citoyen de la nation, ils influencent l’État en nommant comme eux, des autorités incompétentes, immorales et corrompues à des postes de grandes décisions. C’est ce que le général Namphy appelait « du Banboch demokratik ». L’ancien sénateur du Sud, Jean Marie Salomon lui, disait « quand la mafia est au pouvoir, l’honnêteté devient un crime. ».
Parler de démocratie implique des élections crédibles avec la participation de tous les citoyens aussi bien des partis politiques au processus. Cependant pour impliquer la population dans une telle démarche, il faut que les conditions civiques, les défis sécuritaires et d’autres contraintes d’ordre sociopolitiques que confrontaient et confrontent encore aujourd’hui les institutions étatiques du pays ainsi que le peuple haïtien, soient atténuées et résolues, afin de sortir de la phase de transition, ne pas se retrouver aux mêmes crises incessantes, et nécessairement pérennisées le pays dans la continuité du processus démocratique.
Des élections (non) crédibles, honnêtes et démocratiques
De l’avis de certaines organisations politiques et
leaders de la société civile, l’organisation des élections crédibles devrait être non seulement une
priorité pour les autorités, mais elle devrait être aussi un moyen de mettre fin à cette longue phase
de transition. Mais le dilemme dans tout ça, c’est comment parviendrait-on à persuader la population, particulièrement les gens de la classe défavorisée et les leaders de même appartenance politique, que le processus serait crédible quand c’est toujours le Core Group et l’international qui décide des résultats définitifs d’un processus électoral en Haïti ? Comment convaincre la population à se risquer pour aller voter alors qu’à chaque fois, que ce soit en Septembre 1991, Février 2004 et Juillet 2021, il y a constamment des coups d’État contre leurs élus ? Comment leur dire de choisir si l’on fraudera ouvertement comme en Novembre 2010 ? Comment leur dire de voter si l’opposition fera front comme en 2015/2016. Et surtout, comme leur dire de se présenter aux urnes si l’insécurité bat son plein, même le président avec ses centaines de gardes a été assassiné.
En outre, comment un candidat fera campagne et le peuple votera quand les gangs/terroristes armés, en dépit des efforts des agents de la PNH, kidnappent et tuent impunément dans le pays ? Pendant les trente dernières années d’expérience de transition démocratique dans le pays, sous la supervision et collaboration des experts de la communauté internationale, les Conseils Électoraux Provisoires (CEP) ont organisé près d’une dizaine d’élections. Sont-elles crédibles ou sans reproches ? Quand elles n’ont pas eu de violences, presque toutes ces élections ont toujours été entachées d’irrégularités. De plus, quelles sont les conséquences positives de ces scrutins dans la vie du peuple haïtien, surtout ceux des classes défavorisées ?
Effectivement, on a organisé des élections, mais ceci sans grands bénéfices pour les classes défavorisées. Avec le massacre de la ruelle vaillant le 29 novembre 1987, Haïti a raté les premières
élections post-Duvalier. Postérieurement, quand elles ne sont pas organisées et orientées dans
l’intérêt du parti au pouvoir, de la classe économique, ou de l’international, les élections qui s’en
suivent (1990, 1995, 2000, 2006 et 2010, 2015/2016) ont donné toutes des résultats insatisfaisants
pour le pays, particulièrement pour les gens dans les quartiers populaires et ceux de la province.
Malgré ces nouveaux pouvoirs, Haïti a toujours continué à faire face aux crises institutionnelles. Tous les efforts de 1986 à nos jours, dans le cadre du processus démocratique ont été sapés par certains hommes politiques du pays aussi bien que des pays occidentaux dits amis d’Haïti. La démocratie est comme qui dirait, pas la bienvenue ni dans l’international, ni dans l’opposition, ni chez le pouvoir. Ceux qui arrivent au pouvoir à travers les élections oublient qu’ils doivent le céder par le même moyen et trop confortables dans les gouvernements de transition, certains partis qui se réclament de l’opposition veulent s’y cantonner toujours.
Si les élections sont le passage obligé dans le processus démocratique, il faut qu’elles soient donc organisées honnêtement et surtout à temps. Mais quand en Haïti on n’arrive pas à organiser des élections pour la rentrée parlementaire le deuxième lundi de janvier et l’investiture du président de la République le 7 février, il y a lieu d’interroger le processus de démocratisation et de faire comme le sous-entend le professeur Jean-Baptiste, le procès de la démocratie dans ce pays. Et faire ce procès, c’est constater, en dépit de tous les efforts de la population pour vivre dans la dignité, l’aisance et la liberté, la main intouchable des puissances occidentales et impérialistes est toujours là ; un Guy Phillipe prendra toujours les armes ; un André Michel voudra toujours qu’on brule, qu’on bloque et qu’on barricade ; un Jean-Charles Moise prônera toujours des manifestations et des pneus enflammés ; plutôt que de concerter, discuter, dialoguer, et lancer leurs luttes dans un cadre électoral régulier tous les 2, 4 et 5 ans. Washington qui souvent remet en question la qualité démocratique d’autres pays de la région pour bien moins, semble quant à Haïti, ne pas s’inquiéter outre mesure du vide institutionnel créé par la non-tenue d’élections. Tout semble indiquer que la démocratie est parfois une condition malléable, selon les intérêts des puissances concernées.
Marc-Arthur Fils-Aimé dans son texte, Haïti : « Élections et démocratie sont-elles toujours en équation parfaite ? » écrit : « En un certain moment, la tenue régulière des élections suffisait pour qu’une nation fût reconnue démocratique. De nos jours, ce sont les multinationales, par l’entremise de leurs institutions paraétatiques comme l’Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale, la Troïka composée du Fonds Monétaire International, de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne, qui mènent le jeu. Des non-élus qui imposent leurs quatre volontés à des gouvernements élus, incluant ceux des grandes puissances militaires et économiques. Les élections, béquille de la démocratie représentative, sont détournées par leurs principaux solliciteurs exigeants non envers eux-mêmes, mais envers les autres ».
Une crise de parti?
Mis à part l’ingérence de l’international dans les affaires internes du pays et les contentieux entre les grands hommes d’affaires et politiques du pays, l’autre handicap majeur qui empêche la démocratie de faire son chemin en Haïti est le fait que les partis politiques sont en général considérés comme de simples tremplins pour l’ascension sociale. Noël Kodia, essayiste et critique littéraire du Congo-Brazzaville a mentionné dans son texte de Sommet Américafrique : quelle démocratie pour les Africains ? ceci : « le peuple haïtien n’a pas encore compris que les partis politiques sont des institutions pour canaliser le débat des idées et mobiliser les forces vives de la société autour de projets servant l’intérêt général. Rares sont les groupements politiques fondés sur les idéologies politiques et surtout qui fonctionnent de manière démocratique. » Sous Martelly, il y avait près de dix-huit partis représentés à la Chambre des députés et sept au Sénat, avec la plupart d’entre eux ne comptant qu’un élu. Ce manque de grands partis politiques structurant la vie institutionnelle du pays façonne donc la construction d’alliances entre plusieurs petits partis dont les frontières changent au rythme des intérêts de leurs leaders. Par conséquent le peuple est privé de la possibilité de choisir entre des plateformes politiques clairement définies, ce qui crée une faussée entre les attentes de la population et les élus. Par ailleurs, ces coalitions de partis entravent le bon fonctionnement de l’État dans le sens où elles n’élaborent pas des politiques publiques de base, et prennent les institutions de l’État en otage au service d’intérêts purement personnels, confiant l’administration de diverses institutions à certains individus en échange de leur appui politique.
En 2025, on peut remarquer complètement l’influence des coalitions des partis sur la vie politique nationale en portant une analyse en profondeur sur l’accord du 3 Avril portant création au Conseil Présidentiel de Transition. Si dans un point de vue, on peut le regarder comme un grand dépassement de soi des acteurs politiques haïtiennes ayant mis de côté leur différents afin de privilégier l’intérêt de la nation en formant une grande alliance réunissant des intérêts et point de vue divergentes en un seul et unique exécutif ; d’un autre point on peut se questionner sur la dynamique de cet accord, son application et son existence même. Qu’est-ce que cela implique dans le processus démocratique local ? S’il est vrai que les acteurs se sont mis d’accord afin de s’unir pour le bien de la nation, il est tout à fait vrai que cela prouve que nous sommes loin d’une réelle démocratisation dans le pays. La réalité est que dans une démocratie, il y a divers clans basés généralement sur des idéologies discordantes. Il y a ainsi l’extrême droite, la droite, le centre droit, le centre, le centre gauche, la gauche, et l’extrême gauche. Il serait quasi impossible d’avoir une cohabitation entre l’extrême gauche et l’extrême droite étant donné qu’ils sont diamétralement opposés. Tout comme la différence entre un conservateur et un libéral aux Etats-Unis est si étanche, que l’application de la politique de chacun a un impact diffèrent. En Haïti, il est difficile déjà d’identifier l’idéologie qui prédomine dans un parti. Le CPT, dans le cadre de l’application de sa politique, prouve davantage cette vérité. Dans un cadre démocratique normal, avec la réalité existant dans les grands pays comme en Angleterre par exemple, cette formule n’aurait jamais dû marcher, encore moins si bien marcher que les neufs ont pu révoquer le désormais ancien premier ministre Garry Conille à la suite de la cause occasionnelle qu’était le remaniement ministériel. Neuf personnes issus d’horizons différentes s’entendent trop bien au sein de la présidence. Ce qui porte à se questionner sur l’encrage de la démocratie dans le pays, ce qui prouve encore une fois le « banboch demokratik » qu’évoquait Namphy.
Revenons sur la révocation de Conille. Selon ce qui se dit dans les rues, le premier ministre a été évincé du pouvoir parce qu’il était trop arrogant. Lors de sa dernière réunion avec le CPT, il est dit que la conseillère présidentielle Régine Abraham a laissé la table parce qu’elle n’en pouvait plus. Aussi, on fait état de refus d’obtempérer de monsieur Conille vis-à-vis du conseil et d’un manque total de respect. Mais le fait est que le premier ministre détient plus de pouvoir que le président en prêtant attention à la Constitution. Ainsi, les prétentions de l’ancien premier ministre était comme qui dirait légitime vue qu’il exerçait le pouvoir conféré par la Constitution.
En ce sens, l’ignorance voulue ou non voulue des conseillers présidents, présente encore plus une limite vis- à-vis du processus démocratique dans le pays. Si la primature en effet détient plus de pouvoir que la présidence, la destitution de Conille par neuf conseillers qui ne sont même pas élu, pour le remplacer par l’homme d’affaire Alix Didier Fils-Aimé, ne démontre-t-il pas la une erreur de pratique qui se fait depuis l’application de la constitution de 1987 et de 2011 amendée ? Cet erreur- là, à quel point a-t-il impacté le processus de démocratisation ?
Dans notre Constitution, le président a un pouvoir de nomination et de direction et dans l’exercice de son pouvoir de nomination, il ne nomme jamais seul, c’est soi sous réserve de ratification du parlement, ou soi en conseil des ministres. Alors que le premier ministre, lui, détient le pouvoir règlementaire de droit commun, de nomination, de discipline, de réforme, et de gestion. Bien plus de pouvoir qu’un président, une situation expliquée nettement par le choix de 1986 d’avoir une constitution qui limite au maximum le pouvoir du président. En ce sens, si notre système est en théorie comme celui d’Israël par exemple avec un premier ministre issu du parti majoritaire au parlement, dans la pratique on agissait et agit comme le Belize. Ceci étant, en se penchant sur cet angle-là, ne faisons-nous pas fausses routes dès le début ? N’est-ce pas une cause majeure limitant le processus démocratique haïtien ?
En guise de conclusion, la démocratisation n’est pas qu’un terme. Elle est déterminée par une
variété de facteurs de nature historique, politique, culturel et économique. Dans le cas d’Haïti, il
est trop tôt pour parler de consolidation de ce processus. Après tout, même la démocratie athénienne ne s’était pas implantée du jour au lendemain, et Rome ne s’est pas construit en un jour. Le professeur Jean Baptise Esaü dit que « Pour que la fleur fragile de la démocratie s’épanouisse durablement, il faut que s’enracine la plante vivace de la culture civique », tout comme pour Anthony Giddens, qui dit que « la démocratie a besoin d’être nourrie sur un sol profond, elle requiert une accumulation mystique de la culture civique pour prendre racine. Il lui faut par conséquent du temps et peut être un temps relativement long sous peine de confondre la démocratie avec son habillage populiste. »
Partant de cette citation à savoir qu’il doit y avoir une certaine corrélation entre la démocratie et le bien-être collectif, faire le procès de la démocratie en Haïti, spécialement après le départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986, c’est chercher à comprendre cette dynamique à travers le quotidien du peuple haïtien contre toutes les embûches imposées par une oligarchie locale, des acteurs politiques incompétents et rapaces ainsi que des
pays occidentaux et instances internationales, donneurs de leçon démocratique.
La démocratie, à travers des élections crédibles et transparentes, même formellement instaurée peut, dans une certaine mesure, particulièrement dans les pays à faible revenu comme Haïti, rester une idée théorique. Les élections de renouvellement, surtout dans le cadre d’une échéance politique, même lorsqu’elles peuvent être très coûteuses pour le trésor public, ne sont pas des dépenses inutiles, puisque les obligations démocratiques sont remplies. Elles le sont parce que c’est le passage obligé du processus démocratique. Cependant elles sont insuffisantes si toutefois rien n’est fait pour qu’à travers la stabilité, la distribution des richesses, les conditions de vie des populations défavorisées soient changées. Évidemment, pour certains professeurs de sciences politiques et le peuple haïtien en général, le mode de démocratie que les pays occidentaux essaient d’imposer en Haïti depuis le départ de baby doc, semble ne pas avoir trouvé un terrain fertile au pays de Jean Jacques Dessalines.
La raison en est que trente-neuf ans après, tout en ignorant le rôle que devrait jouer le peuple haïtien et les organisations politiques dans un processus démocratique, la communauté internationale à chaque élection, impose au peuple haïtien une démocratie qui vise seulement leurs propres intérêts. Mis à part de l’incompétence des autorités haïtiennes, tout en étant prisonnier du secteur privé des affaires et de la communauté internationale, l’État est aujourd’hui inexistant. Les dirigeants sont incapables à même de gérer leur quotidien, avec des scandales par-
ci, par-là, lavant leurs linges sals dans la rue aux yeux de tous pendant que la prolifération des gangs/terroristes armés, les kidnappings spectaculaires, les déplacements forcés de la population comme aujourd’hui à Solino, Nazon, Delmas 30, Kenscoff, Mirebalais…, les territoires perdus et les massacres dans les quartiers populaires sont plus fréquent. En 2025, nous étions censés être sur la troisième année d’un président démocratiquement élu, cependant, on en a pour encore au moins 9 mois de transition. Durant notre transition, les Etats-Unis ont eu le temps de vivre un mandat présidentiel, ils ont entamé un autre et on est toujours sans président élu. La Russie a eu le temps d’envahir l’Ukraine et Israël bombarde Gaza. Nos présidents et premier ministre eux, étaient ou sont encore aujourd’hui seulement à des postes pour assister tout simplement à la dégradation de la situation sociopolitique du pays. Ils sont impuissants aux problèmes du chômage, de l’insécurité généralisée, de la dégradation de l’environnement et de la bidonvilisation un peu partout. Comme autorités, pendant qu’ils continuent à jouir de tous les privilèges et immunités que requièrent leurs fonctions, ils alimentent la corruption à tous les niveaux des institutions de l’État. Face à la perte des valeurs, de la fuite des cerveaux vers l’étranger, de l’affaiblissement des institutions étatiques et de l’explosion démographique de la population, l’État est impuissant. La communauté internationale semble faire de l’aveuglement volontaire relativement à ces violations des principes démocratiques fondamentaux. Comment Haïti est-elle arrivée là ?













